vendredi 20 mars 2015

Balade santé MPLP à Hermée : des vergers en fleur et un vignoble tout jeune

Si tu n’arrives pas à penser, marche ; si tu penses trop, marche ; si tu penses mal, marche encore. (Jean Giono)

Notre prochaine balade santé  de Médecine pour le Peuple Herstal (tous les deuxièmes dimanches du mois) nous fera découvrir ce dimanche 12 avril un paysage splendide des vergers en fleurs et d’un vignoble qui vient de donner ses premières bouteilles à Hermée. Oupeye ne s’appelle pas pour rien la Commune wallonne de la fruiticulture ! Rendez-vous à 10h à la maison médicale avenue Ferrer 26 à Herstal, ou à 10h30 Grand Aaz 31, devant  le bâtiment Stratégie.
Le trajet fait six kilomètres pile, sur des chemins de remembrement en béton, avec un léger dénivelé : nous sommes sur le plateau de Hesbaye ! Pour la floraison, il faudra qu’un printemps précoce se joint à l’hiver clément : le fermier du coin attend la floraison pour le 20 avril. Mais comme notre prochaine balade est le 10 mai, nous n’avons pas le choix.
Je fais une petite entorse aussi à mon principe d’avoir au moins 100 mètres sur le territoire de Herstal. Notre point de chute compense ça: comme plusieurs participants ont pris l’habitude d’aller manger un bout après la balade, ou boire simplement un pot, je suggère le café de la gare à Milmort. On y a un menu complet à 25€ et des plats à la carte à partir de 10-12€. 

Le Moulin de la ferme du Château de Curtius

Notre balade part au Moulin de la ferme du Château de Grand Aaz. Cette ferme a été la propriété de Curtius, qui a construit une fortune comme munitionnaire du duc d’Albe. Il s’est acheté – entre autres - la seigneurie d’Oupeye, d’Aaz et de Vivegnis du bourgmestre de Liège  Wathieu de Saulcy le 4 mai 1600. Le parti révolutionnaire des Grignoux qui n’appréciait pas cette aide de Jean Curtius aux armées espagnoles  a démoli son château d’Oupeye en 1636 (Le patrimoine monumental de la Belgique: Wallonie, Volume 8 p.537)
Le bâtiment loge aujourd’hui  la société de communications Stratégie et abriterait toujours l’ancienne brasserie de ce sacré Curtius. La bière Curtius est brassée aujourd’hui par une microbrasserie liégeoise. e moulin est aussi connu sous le nom de son meunier Voisin
La petite rivière du Grand Aaz alimentait sept moulins. Le suivant est le moulin Loly. Sa roue à augets a disparu, mais le canal d’amenée est toujours là.
Le long de sa traversée de Hermée, Heure-le-Romain et Haccourt il y a plusieurs vestiges intéressants de ces moulins. Ca ne m’étonnerait pas que la pêcherie soit un ancien bief de moulin. Une idée à un (euro)cent : ne pourrait-on restaurer ces biefs et produire du courant électrique au moment où nos moulins à vent et panneaux photovoltaïques ne donnent rien ?
Le bassin hydrographique de Grand Aaz s'étend sur une superficie de 15 Km². II comprend le Grand Aaz comme rivière principale qui reçoit le ruisseau du Brou et le ruisseau de Beaurieu, et en rive gauche, le ruisseau de Vivier. Le Grand Aaz se jette dans la Meuse après un parcours de 8 kilomètres et un dénivelé de 60 mètres.

Les vergers en fleur.

Après ce petit détour par le moulin Loly nous prenons le Chemin de Launis où nous retrouvons – avec un peu de chance de monsieur météo - les premiers vergers en fleur. Cette floraison est un véritable hype en Hesbaye flamande, où l’on peut même consulter un baromètre de la floraison. Mais pas besoin de se taper 30 kilomètres pour cela : on est parfaitement servi chez nous.
Nous continuons entre les vergers sur la Rue Rensotte,  la Rue Saint Quirin et la Rue Fragnay qui débouche sur le Chemin de Fexhe à Heure le Romain. Selon certains cela s'écrivait en latin "Ora romana", frontière romaine. Un peu invraisemblable quand même que les Romains se seraient arrêtés ici…
Comme on est dans une balade santé, je vous signale que dans la chapelle du Fragnay on prie Saint Quirin  pour les maux d'oreilles les rhumatismes et les maladies de la peau.
 En 1810 Napoléon a donné une concession pour 50 ans pour une recherche de houille. La limite de la concession passait au nord des chemins du Fragnay et du Haut Vinave, par la ruelle du greffier, puis par le chemin dit Voie Henat d'Heure le Romain ensuite au chemin Voie de Liège ( Décret du 6 février 1810 Napoléon Empereur des Français volume 28). Recherche infructueuse puisque les couches de charbon sont ici à une profondeur trop grande pour les techniques d’antan. Il y a eu encore deux puits de mine à la limité de Hermée, là où l’on veut faire une extension des Hauts Sarts.
Sur notre droite le chai de 1.000 mètres carrés de la de la coopérative ‘Vin de Liège’. Nous verrons un de leurs vignobles un peu plus loin. Près de la moitié du budget récolté a été affectée au chai. L’inauguration officielle est prévue fin mai 2015, avec la sortie des premiers vins. Heure-le-Romain fait des progrès : en 2013 une plantation de cannabis y avait été découverte… Au hameau du Fragnay les familles du coin portaient des surnoms le Conte, le Duc, le Prince. Si la coopérative cherche des noms prestigieux pour leurs vins, ils sont tout trouvés. Un crémant du Prince de Fragnay, ça impressionne. Juste faire attention de ne pas faire des jaloux…Pour ma part j’ai épousé un duc (Hertogen).

Le vicinal Genk – Riemst –Herstal – Liège.

Nous faisons un petit écart en prenant à droite le tracé de la ligne du vicinal Genk – Riemst – Bassenge – Houtain – Hermée – Herstal – Liège. Herstal a aménagé un Ravel sur cette la ligne 76 qui part du rond-point au carrefour de l’avenue de l’Europe et la rue Demeuse, et se termine au rond-point du zoning des Hauts-Sarts. La trace de la ligne entre Herstal et Heure-le-Romain s’est perdue avec l’aménagement du zoning et le remembrement inauguré vers 1960 avec le politique agricole européenne. Cette ligne, inaugurée en 1914, assurait le trafic de marchandises et de voyageurs (surtout des navetteurs des industries Herstaliennes). En 1959 les trams ont été remplacés par des bus (le 76 du TEC Liège – Riemst a gardé le numéro du vicinal). Nous retrouvons donc ici sa trace. Un peu plus loin il est aménagé en Ravel jusque Houtain où se trouve une belle carte du tracé du tram et un panneau didactique 
Nous sommes ici sur un circuit ’points-noeuds’ (knooppunten), un système de fléchage d’itinéraires cyclables. Cette technique a été inventée à Genk en 1996 par un ancien mineur qui a reproduit le flèchage dans les mines campinoises. Ca a fait des petits dans toute la Flandre, au Pays-Bas et en Allemagne et dans quelques communes limitrophes comme Oupeye, Juprelle et Bassenge.  Établir son itinéraire est désarmant de facilité grâce au site Fietsnet.be. Au Limbourg on retrouve à chaque nœud une carte, ce qui permet de circuler sans carte. Ces points de repères à chaque intersection sont numérotés et des panneaux indiquent la direction des "knooppunten" les plus proches.

Des cépages résistants aux maladies

Aujourd’hui on ne mange plus une pomme, mais une Golden ou une Granny Smith ou une Elstar. Pour les raisins on distingue aussi des cépages. Au début du Chemin des Pins, sur le Haut de Fragnay, Vins de Liège a 4 ha de vignoble plantés de cépage Johaniter et Solaris.
Le Johaniter est un cépage jeune (1968 : un soixante huitard) avec les gènes du riesling, du pinot gris et du chasselas. Le Solaris est issu du même programme de recherche à Fribourg, dix ans plus tard, en 1975. Il est résistant au mildiou et à l’oïdium. Il serait par contre plutôt sensible à la pourriture grise. Il est très précoce, ses raisins peuvent être mangés dès le mois d’août, et, de fait, nécessitent d’être protégés des oiseaux, des sangliers et des lapins. On laisse les sangliers et lapins pour les chasseurs ; mais pour les étourneaux, faudra-t-il convoquer les coopérateurs pour tendre un filet, comme mon ami Godin convoque ses amis chertaliens pour son vignoble Dame Palate à Flémalle ?
Ces cépages jeunes sont sélectionnés sur base de leur poly-résistances aux maladies de la vigne et en font, d’une certaine façon, un cépage « bio » puisqu’ils ne nécessitent pas ou fort peu de traitements prophylactiques. On plante, on taille, on gère la croissance des ceps, on module l’abondance de la charge, puis on récoltera et on vinifiera sans peine. En prime, avec le temps libre on pourra jouer tranquille aux cartes  avec l’ex représentant de Monsanto, puisque celui-ci est désormais presque aussi inoccupé que le vigneron…
En fait, les chercheurs sont partis des mêmes gènes de résistance qui ont permis au début du XX° siècle de reconstituer le vignoble européen décimé par la phyloxéra. On a constaté que les variétés américaines étaient résistantes, mais elles avaient un goût foxé. Keskeseksa? En fait, les américains ont appelé leur variété indigène Vitis labrusca ou ‘fox grape’ et tous les cépages issus directement de cette fox grape ont un goût musqué peu agréable. Pour contourner ce problème en Europe on n’a pas repris des ceps américains ‘pied franc’, mais on a greffé les cépages européens sur un pied de labrusca.
Aujourd’hui on travaille par sélection des gènes résistants à une série de maladies de la vigne.
Le vignoble est bordé au nord par une haie viticole qui fait coupe-vent, pour protéger des gelées de printemps. La coopérative a encore une parcelle de 4 ha rue St Quirin (nous sommes passés par là), au lieu dit la Carrière avec des cépages muscaris, souvigner gris et pinotin, aussi fraîchement sortis du Staatliches Weinbauinstitut Freiburg .
Vin de Liège a aussi le projet pour implanter un vignoble d'un hectare à Liège sur les coteaux de la citadelle. Avec ça ils marchent sur les plates-bandes du groupe Vranken-Pommery, qui a le soutien de la Ville de Liège et de Michel Firket, premier échevin. Vranken a lancé début 2011 l’idée d’une vitrine pour un crémant de Liège. Liège propose  à la coopérative un autre terrain, au Fond Pirette, le parc de la Paix.  En juin 2011 l’offre de Vranken est jugé insuffisant par l’Évêché et les Filles de la Croix, propriétaires du terrain. Mais Vranken n’a pas abandonné : il veut planter 120 ha de vignobles sur les coteaux mosans, avec pour Liège trois ha sur les terrains des Filles de la Croix et un terrain de l’Évêché mitoyen, et 2 ha sur une partie de l’ancienne ferme Fabry appartenant à la Ville de Liège. Un investissement de 10 millions d’euro. Vranken fait miroiter la création de 50 emplois. On va le croire quand on va le boire…
Nous continuons notre route sur Chemin des Pins, d’où nous avons un panorama magnifique. Au bout du chemin, à droite, la Chapelle au bois, construite il y a deux siècles, et propriété de la ferme-château où nous avons commencé notre balade. L’extérieur est tagué à mort, par un tagueur qui ne cherche pas du tout la publicité. Une contradictio in terminis ? A l’intérieur un beau Christ en bois. Sans bras. Il n’en a plus besoin ? De là nous rejoignons la ferme du château. Ceux que ça intéresse peuvent se retrouver au café de la gare à Milmort, un vrai café de village, avec un cuistot intéressant. Pour moi c’est aussi un peu ma Maison du Peuple : trois générations de restructurés d’Uniroyal s’y donnaient rendez-vous pour contester des plans sociaux biaisés, et j’ai eu l’honneur de les conseiller dans leurs démarches juridiques, dont le dernier s’est terminé en 2014 seulement .
J’ai aussi contribué à la publication d’un dossier sur cette affaire par la Gresea.

Tout savoir sur la technique de la marche athlétique … de la tête aux pieds

Voici les préceptespour la marche athlétique. On ne joue pas dans la même division avec nos balades santé. J’ai retenu un conseil : dans la phase « arrière » de balancier, le bras doit arriver à la position où vous seriez capable d’attraper ce que vous avez dans votre poche arrière de pantalon. Pas dans les poches de ton voisin !
Ne vous laissez surtout pas décourager. Chez nous, ça va tout seul !
La tête et la posture :
le regard doit se porter à 15-20 mètres devant soi.
se tenir bien droit en essayant de se grandir tout en abaissant bien ses épaules.
le cou et tous les muscles du visage doivent être détendus.
Le torse :
ne pas se pencher trop en avant ou trop en arrière. Le positionnement du centre de gravité par rapport aux appuis au sol a un effet direct sur la puissance et par conséquent le rendement.
imaginer que le nombril se rapproche de la colonne vertébrale. Cette « image » permet de ne pas trop cambrer les lombaires. Attention tout de même, une contraction excessive des abdominaux peut générer des maux de dos.
les épaules détendues et positionnées en arrière doivent permettre de dégager la cage thoracique.
Les bras :
les bras doivent être pliés à 90° environ.
les bras effectuent un swing ample et vigoureux. Dans ce mouvement l’axe passant par nos deux épaules pivote par rapport à l’axe du bassin. Le tronc doit être bien mobile.
les bras sont près du corps et le balancier se fait le plus possible dans l’axe de la marche.
dans la phase « avant » de balancier, le bras doit être parallèle au corps mais pas plus haut.
dans la phase « arrière » de balancier, le bras doit arriver à la position où vous seriez capable d’attraper ce que vous avez dans votre poche arrière de pantalon.
des épaules, les bras et les mains doivent être détendus.
les bras donnent le rythme pour tout le corps et permettent un bon alignement de la gestuelle.
Jambes et genoux :
le genou doit être verrouillé au moment où le pied touche le sol.
pour appliquer le bon mouvement, il est nécessaire de le réaliser lentement avant d’accélérer.
le meilleur moyen d’augmenter sa vitesse sera d’augmenter la fréquence et pas nécessairement la longueur du pas. En effet une longueur de pas trop longue consommera trop d’énergie et augmentera les traumatismes au niveau des articulations.
Les pieds :
dans le concept de la marche, un pied doit toujours être en contact avec le sol. La fin de propulsion d’un pied doit correspondre au contact de l’autre avec le sol.
au moment de l’atterrissage, ne pas chercher à positionner le pied trop en avant de votre torse. Vos pas seront trop longs, ce qui n’est ni bon pour l’efficacité ni bon pour vos tendons et vos articulations.
dès la phase d’atterrissage, le pied doit dérouler sur toute sa surface jusqu’aux orteils. Le tout avec la plus grande souplesse possible. Ne pas chercher à percuter le sol avec le talon mais plutôt à le caresser sans bruit.
la phase de propulsion doit réellement être effective, pour cela il est nécessaire de bien ressentir l’action dynamique des orteils. Pour un mouvement ample et souple, les orteils doivent pointer en direction du sol jusqu’à ce qu’ils passent devant la jambe d’appui.
La flexion du corps :
le bassin est mobile et permet au torse de twister avec la sensation de projeter avec souplesse la jambe vers l’avant.

éviter les déhanchements latéraux trop marqués qui peuvent conduire à des problèmes musculaires.

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